Galerie d'Art contemporain Pascal Lainé à Ménerbes
Depuis 1988
Galerie d'Art contemporain Pascal Lainé à Ménerbes
Art contemporain, Galerie Pascal Lainé
20 ans 25 ans 4 en liberté Alechinsky Ambrose Belaiche Binder byLéon Cara Chandon Clément Clerté Conrad Cortot Coville Culot Degottex Derval Desailly Deymier Deyrolle Dhomme Di Stali Downing Drouillet Duminil Engelman Faury Ferrer Flamine Gérard Ghez Gignoux Glasberg groupe 2005 groupe 2007 groupe 2010 groupe 2011 groupe 2013 groupe 2014 groupe 2015 groupe 2016 Guillemot Hughes Jaccaud Johnson Junglas Klasen Krellenstein La Vista Laemlé Laruelle Leconte Mitev Leydier Leyris Lindström Loeb Maar Martens Marx Meyer Monboisset Monnier Olsen Parcours de sculptures 2013 Parcours de sculptures 2017 Polge Pons Prassinos Prével Renard Roy Salles Schlumberger Segui Serrano Silvester Steffens Steiner Tapernoux Thierry Thomas Trace de poète 2013 Van Der Stigghel Vasarely Viard Villeglé Woodward
4 artistes en liberté < >

Jean Clerté  Jean Cortot  Gilles Ghez Michel Loeb  Ménerbes 2009

 

 

 



Ils se connaissent depuis...
Ils sont amis depuis...
Ils boivent des coups ensemble depuis... (sauf un)
Ils n'avaient jamais exposé ensemble,
Ils sont en liberté à Ménerbes !

 

 

 

 

  

 

 

► Jean Clerté, Suite de gestes matinaux

Allumer la chaufferette de l'imprimerie, mouiller une à une les feuilles d'Arches, les essorer, les brosser, les empiler, préparer des intercalaires, des soies, des cartons de séchage, placer les langes de feutre entre le plateau et le cylindre de la presse, gestes d'imprimeur: la journée de Jean Clerté commence. II mélange l'encre â quelques gouttes d'huile de lin et l'étale sur le marbre, coupe maintenant de vieux journaux pour en faire du papier d'essuyage: un lot de petits rectangles gris qui caresseront la plaque de cuivre gravée, obtenant d'elle toutes ses tonalités de lignes noires et d'étendues pâles et douces comme la peau - gris typographique des nouvelles bousculées, dépassées, bientôt nanties de grosses taches d'ombres additionnelles. Autant d'ébauches. D'abord peintre, Jean Clerté y dévisage ses rêveries.
Entre les bidons de vernis et les flacons de verre aux essences et acides bleus, traînaient par là quelques crayons... l'imprimeur a disparu, la fenêtre ne lui suffit plus, qui appelle à la lecture machinale des nuages; il dessine, devine en chaque rectangle obsolète une bribe d'énigme où tracer son opinion linéaire. Survivances, mais aussi trouvailles qui formeront par assemblage un tableau. On a connu les mésaventures de l'écriture automatique (elles entraînèrent, drainèrent plus de lieux et d'idées reçus que d'images fraîches) ; â Cobra surgirent de même les limites de a spontanéité. Quittant son imprimerie sans en bouger, Jean Clerté aura rencontré une méthode pictographique probablement insidieuse... il est le peintre de la distraction.

Pierre Alechinsky - 1984

  

 

  

► Jean Cortot, paysagiste de l'esprit

Jean Cortot ne peint pas le monde. II a raison, il n’existe pas. Comme l'homme, la nature ou le pont Mirabeau, le monde a commencé d'être dans le regard d'un poète. Que serait la mer sans Rimbaud, la souffrance sans Eluard, la Pologne sans Jarry ? Rien. Où se trouvait Vérone avant Shakespeare, l'amour avant Ronsard, la misère avant Villon ? Nulle part. L'univers est apparu peu a peu avec Ovide, Racine et Saint-John Perse. La réalité naquit un jour de l'imagination. C'est ce vrai monde inventé que Jean Cortot peint. C'est le seul qu'il aime parce qu'il donne vie à l'esprit. II le fait sien et le compose à nouveau. Créateur, le poète est créé à son tour par le peintre. C'est ainsi que le monde naît du monde. Emouvante, l’oeuvre de Jean Cortot nous le dit.


Jean-Michel Ribes, septembre 1991

 

 


► Gilles Ghez

Artiste français. C'est par ses boites qu'il attire l'attention, au début des années soixante-dix. II y installe personnages et décors miniaturisés, qu'il réalise et peint lui-même, d'un théâtre tout intérieur dévoilant les épisodes successifs d'une sorte d'autobiographie dans laquelle l'imaginaire tient le premier rôle. Les références à certains films hollywoodiens y côtoient un dandysme déclaré aussi bien que des allusions à des textes (Roussel) ou des lieux, visites ou non (de Naples à l'Inde, plus fantasmée que réelle, des Trois lanciers du Bengale...). Le verre de chaque boite - qui est également châsse - donne a voir en tenant l'indiscret a distance :
Ghez transfère ses aventures sur un double outrageusement britannique, Lord Dartwood, en sorte que toute confession déclarée devient un piège labyrinthique ou le vrai et le faux, le vécu et l'imaginaire sont indissociables. Dans un tel jeu de fausses pistes, la seule certitude est celle d'une poésie émanant de l'anecdote la plus hermétique.

in «Histoire du mouvement surréaliste» par Gérard Durozoi, Hazan éditeur

  

 

 

► Michel Loeb

Nous avons longtemps vu en ce paroissien d'Oppède un arpenteur de surfaces planes.
Mais peut-être vaut-il mieux le voir en trois dimensions. Regardez-le sous ses boucles d'angelot pris au piège : faiseur de boîtes-et-attrapes, pétrisseur de cubes ensoleillés, fabricant de poèmes en bois et de coquelicots chanteurs de cavatines.
En route pour la Loebie aux cent fleurs.

Jean Lacouture